En effet, je suis un bonnet vert, autrement dit, je pars à 7h05 en 4ème vague. Ma combie flambante neuve est revêtue, mon bonnet
rutilant est emmanché sur la partie têtale de mon corps et les superbes lunettes décat que j'ai pu récupérer, privilège réservé à une élite cf : ->*, son montées sur ma glabelle (Oui, je mets le lien bande d'incultes : * ;o)
Dans la file d'attente, je papotte avec Firo, Hermi, Pietri, Rémi Nowa, bref, y a du monde. Ca y est, c'est à notre tour d'entrer dans la danse. L'eau est bonne (comparé à l'extérieur)
et on s'y plonge sans soucis, je vais vite fait rejoindre la ligne de départ située à quelques dizaines de mètres afin de me mettre en première ligne. D'autres petits imprudents viennent se
mettre à mes côtés, je ne peux m'empêcher de pouffer de rire... les naïfs...(je précise : lol, pour ceux qui on un problème dans le degré de lecture ;o)
Et... j'attends. Là, je pourrais repenser à ma prépa, au temps qu'il fait, à ce que j'ai mangé (ou pas) ce matin, mais non, je suis dans l'instant et est envie d'en découdre. Plus
qu'une minute nous dit le speaker. Une minute allemande et une minute française ne semble pas avoir la même durée...
Natation :
La machine à laver s'emballe.

Quelques échanges de coups, mais le groupe s'éparpille assez vite. Je me retrouve alors en queue d'un premier paquet d'une petite dizaine d'unité. Le rythme est
correct, tout va bien, je suis les pieds, puis au bout de quelques minutes, je sens que ça ralenti un peu et en levant la tête, je m'aperçois que le groupe a explosé et que je suis
légèrement décroché par rapport à la tête. "No way !" Je ne vais pas me faire lacher si facilement, une petite accèle et je retrouve les pieds d'un bonnet vert. Levage de tête, je suis le 4ème
d'un groupe de 4 bonnets vert, qui nage en file indienne.
Déjà, nous avons rattrapé des bonnets bleu, il faut commencer à slalomer un peu et rester concentrer pour ne pas perdre les bons pieds. Puis la densité augmente encore, on est dans le gros
du paquet parti devant nous, et quelques bonnets jaune peu habiles avec l'eau viennent se mêler à la danse. Je lève la tête de temps à autre pour repérer les ponts, les rives.
Le pont s'est enfin rapproché, en regardant les rives de temps à autres, je me dis qu'on fait vraiment de la distance en plus à nager dans le bouillon. Une fois au centre, une
fois prêt de la rive droite. C'est un peu ce qui m'inquiète par rapport à mon temps final, même si je ne suis pas de ceux qui s'inquiète pour un rien, car je sais que, par
ailleurs, l'allure est bonne.
Passage sous le pont, premier virage, toujours 4 bonnets vert qui se suivent et on est reparti pour la plus grande ligne droite. On a déjà repris quelques bonnets blancs de la toute première
vague. Quelques femmes, qui semblent préférer nager en position debout qu'allongée. Soit.
De temps à autres, je me pose la question très pertinente de savoir si il pleut encore ou pas. Visuellement je ne vois rien, sur mes mains je ne sens rien, je serais donc d'avis à être
optimiste, mais le nombre de parapluies sur la berge me laisse perplexe. Comment vais je donc m'habiller à vélo...
La partie de dame chinoise s'annonce bien. Le train de 4 bonnets vert avance pas mal. Puis, à l'approche du second virage, je sens que l'allure calle un peu. Levage de tête. Roland Culé !
Mon 3ème est laché et je devine un bonnet vert devant tout seul et bien trop loin pour tenter un retour. Je double mon lièvre et continue mon petit bonhomme de chemin tout seul vers la sortie de
l'eau que l'on aperçoit déjà.

Je bondis hors de l'eau tel un guépard sur un petit lapinou et file vers ma tante. Mais elle est pas là, alors je vais vers la tente. Il pleut. Je n'ai pas vu mon temps et ne m'en inquiète
même pas, je ne me poserais la question qu'une fois sur le vélo.
Tiouane :
Pas tes tics. Je rentre dans la tente et là, vision d'horreur. Une odeur putréfiante vient m'aggresser les narines. Des mini saucisses recroquevillées viennent
m'aggresser les yeux. Des amats graisseux féminins viennent m'aggresser l'esprit.
- Rhaaaaa, y a plus de place ou quoi ?
- Si là !
- Où ça ?
- Bah, là où tu es mon conneau ! Dans l'entrée.
- Ah ouai.
Transition de merde si il en est. J'ai peur de me baisser de peur de me prendre une fesse sur le coin de la tronche. Mettage des lunettes vélo. Bad idea. Avec la chaleur, elles s'emplissent
de buée en 2 sec. Enfilage du coupe vent sur la peau et le singlet mouillé. Mettage de la montre pour avoir au moins un repère chrono sur le vélo, car pas de compteur et ne pouvant
la mettre pour la nata, car n'étant plus waterproof. Et enfin enfilage des manchettes sur la peau moulliée. Je lutte. Tiens, j'aurais du mettre la montre après. Plutôt que de laisser mon sac
par terre pour qu'un bénévole ne le récupère, je préfère le remettre en main propre, vu le bordel...
Vélo :
Je saisis ma monture armée jusqu'aux dents et sors du parc sous les hourras d'une foule acquise à ma cause.
Chrono lancée, inertie rompue, je négocie les premiers virages tel Fangio.... sur des patins à glace. Ne pas tomber, ne pas tomber, ne pas tomber. Je ne suis pas à l'arrêt, mais pas
loin. Puis, l'enchaînement de virages se calme un peu, je peux descendre les dents et me placer sur les "rajoutes".
Bientôt 10 minutes que je roule et ça tourne bien. Je double déjà pas mal. Il pleut, mais je n'ai pas froid, je suis soulagé.
15 minutes que je roue. Le froid commence à me saisir.
Au bout de 20' : " Mais comment je vais faire pour ne pas geler sur place?"
J'accélère la cadence pour me réchauffer, je mange un peu plus pour compenser les pertes calorifiques.
30' : Malgré l'allure et l'alimentation, je n'arrive pas me réchauffer. Pour la première fois sur un tri, je ne suis pas sûr de finir. Des idées d'abandon me viennent a
l'esprit.
45' : Grande descente avec multiples virages et ballots de pailles sur les côtés. C'est la goutte de trop. Mes doigts sont blancs, mes bras tremblent, et je commence à claquer des
dents. J'essaie de me motiver à tenir encore un peu. Je ne peux pas abandonner, ce n'est pas possible ! Tant que je peux serrer les freins je reste sur la selle.
J'espère juste que dans les prochaines minutes il y aura une bosse qui me permettra de me réchauffer, sinon c'est mort. Bref, je m'en remet au bon vouloir du parcours, que je n'ai d'ailleurs
pas reconnu.
Et le miracle survint ! Elle est belle, elle est dure, elle est grosse, elle est longue, elle sent bon (o;
C'est elle, Greding ! Ca va être une dure lutte. (A dire vite ;o)
Petit plateau, je la monte au train, la sensation de froid est un peu plus faible, c'est déjà ça. Je prends encore un gel. En haut, il fait frais, mais c'est vivable. Je réaccélère un peu pour un
tentage de réchauffage. Une autre petite côte s'en suit, en haut, la brume commence légèrement à s'en aller. On a du gagner 1 ou 2 degrés. Ce sera suffisant magré la pluie qui continue de
tomber et mes doigts toujours blancs, ça va mieux.
Maintenant vient l'inquiétude de la gestion de la course. J'ai déjà beaucoup mangé (trop), je suis parti vite (trop) et je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangé.
A ma montre, je passe au 40ème en 1h06, bien. Sauf que selon eux, je passe au 37ème en 57'. Sacré différence d'allure. M'enfin bon, je suis dans les temps.
Une longue file de conccurents s'érige devant moi à chaque virage. Je ne quitte presque pas le côté gauche de ma voie. Le respect des règles semble être bien respecté malgré le nombre
important de conccurent. Ca fait plaisir.
Le passage dans les villes et des "points chauds" est l'occasion de se changer les esprits, d'engranger un peu d'encouragements et de motivation. Si on joue le jeu au passage, le
speaker nous encourage même directement.
Afin de rester toujours dans le rythme et motiver, je me parle, m'encourage, parfois à haute voix, ça aide pas mal. le Solar approche. Malgré la pluie, les spectateurs sont là.
Certainement moins que d'habitude, mais ça reste impressionnant. J'entends un "Boubou", yeahhh, c'est mitch.
Les sensations sont toujours bonnes, je reconnais les routes, on arrive près d'Heuberg, signe de la fin du premier tour. J'entends des "aller Boubou", je ne sais pas a qui les
attribuer, je ne prends pas trop le risque de lever la tête, les virages sont toujours là. 
Je passe au 90km en 2h29"30. Le timing est bon.
Je continue ma route avec des Gunter, Andreas et autres Jurgen aux cuisses démesurés, muscles saillants et positions, parfois, de facteur. Et à mon grand plaisir, je les lâche. Quoiqu'on en dise,
ça fait quand même super plaisir :oD
Je double Lo qui fend l'air en fin de bosse. Le vent s'est un peu levé et survient alors les 130 km. J'accuse un peu le coup de mon départ et de la dépense énergétique. Les cuisses
sont dures et il devient difficile de de tourner les jambes. Les côtes sont un peu plus pentus sur ce second tour, non ? Heureusement, je continue de doubler (surtout ceux sur qui je prends un
tour) ce qui permet de tromper les sensations.
160 ème en 4h30. Comme je n'ai pas reconnu le parcours, je ne sais pas où l'on bifurque pour le parc. Je suis aux aguets et cherche désespérement quelqu'un qui en en serait au même point que moi,
mais ceux que je rattrape sont un peu trop lent et je n'ai pas non plus envie de trop ralentir. Je veux faire mes moins de 5h. Et puis mon salut arrive. Il s'appelle Martin. je l'avais
doublé pendant le premier tour et il m'est revenu dessus. Pour plus d'assurance, je me laisse décrocher et me fixe sur son allure. On arrive à Hipolstein, J'ai vu où l'on prenait à
droite, c'est bon, direction le parc. Encore quelques kilomètres à effectuer. Je cherche à assouplir un peu mes jambes, à me relâcher.

On
approche du parc, il y a du monde, la pluie s'est arrêté, La montre indique moins de 5 heures, mon honneur est sauf, Ouf ! Je vire les pieds de mes pompes et me résigne à ne
pas descendre du vélo en route, trop peur de me gameller avec le froid et la fatigue comme éléments perturbateurs de mes sensations jambesques.
Titou :
Pied au sol. Woahooo, ça fait drôle ! Je trottine tout droit, mais on me fait signe de prendre à gauche, virage à 90°. Pas
l'habitude, mon genou se plie et je manque de me gauffrer en tournant. J'essaie de chopper mon sac dans la rangée.
Sac n° 941-...-943-944.. WHOOOOOOOOOOOO ! MOTHER FUCKER !!! IL EST OU LE 942 !!!!!
-"Aminch daischin queuchfin !"
-"Pitzain Deumeun ist !"
-"Eine Euchmain froutchitch !"
-"Qu'est ce qu'elle disent ces connes ?" (Boubouse French touch :o)
Ah ok, y'en a déjà une qui me la pris et qui m'attends à l'entrée de la tente.
Je rentre avec la demoiselle (coquinette). Une de ses copines m'attend aussi (coquinettes). Elle veulent me désapper. "Whooooo, pas de ça avec moi, je ne suis pas un garçon facile
!".
Et là, c'est pas tes tics²
Alors moi je suis plutôt organisé pour ça. Dans le sac, tout est judicieusement empilé, rangés. Mais voilà, c'est des Allemandes, l'autre elle me renverse tout mon sac par terre, ça se barre
dans tous les coins.
"Hannnnnnnnnn, toi t'es pas loin de bouffer de l'herbe !"
J'essaie tant bien que mal d'enfiler mes chaussettes, manchons, shoes, mais on est pas du tout dans le même timing et j'ai l'impression de perdre un temps fou.
Le clou du spectacle. Je voulais partir avec mes gels. Je les avais mis dans un petit sac plastique pour partir avec et les ranger dans mes poches en courant. Y'en a 8 alors c'était pratique.
Mais non, j'ai Gudrun qui me déverse tout par terre.
"Hannnnnnnnnn, mais t'es juste très conne !" Obligé de lui faire bouffer de l'herbe.
Je prends mes 8 gels dans les mains comme un connau et sors de la tente pour l'épreuve de vérité. Celle que j'attendais, très bizarrement, comme une délivrance, car contrairement au
vélo elle n'est pas dépendante des éléments extérieurs, par ailleurs incontrôlables. Certes, je ne suis pas prêt, mais une fois le vélo posé. C'est sûr, je finirais.
To be continued...
A+












